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16 mars 2021 Par Proxima-admin 0

Vaccin AstraZeneca suspendu. Et si j’ai reçu ma première dose ? On vous répond. (Ouest France, le 15 mars 2021)

La France, à son tour, a décidé de suspendre « par précaution » l’utilisation du vaccin AstraZeneca. Ce qui n’est pas sans susciter des questions chez les Français qui ont déjà reçu une dose du vaccin suédo-britannique.

« Si le vaccin AstraZeneca est suspendu, qu’en est-il des personnes qui comme moi, ont fait la première injection ? Va-t-on pouvoir avoir la seconde ? » Comme Jacques-Yves, de Rennes, vous êtes nombreux, et souvent inquiets, à nous interroger sur ce sujet.

Emmanuel Macron a effectivement annoncé ce lundi 15 mars la suspension pour vingt-quatre heures de la vaccination avec AstraZeneca. Le chef de l’État explique vouloir attendre la décision de l’Agence européenne des médicaments (EMA). Une réponse de l’EMA, un temps attendue ce mardi, mais qui pourrait ne tomber que jeudi. « Nous attendons pour jeudi après-midi, un verdict de la part de la communauté scientifique européenne nous permettant, je le souhaite ardemment, de reprendre la campagne », a précisé ce mardi matin le ministre de la Santé, Olivier Véran.

1,3 million de Français « Astra-vaccinés »

Alors le 1,3 million de personnes vaccinées en France – AstraZeneca est le deuxième vaccin le plus utilisé en France – doivent-elles s’inquiéter plus que de mesure ? Pour rappel, ce sont soit des difficultés à coaguler, soit la formation de caillots sanguins (thrombose) – pour lequel un seul cas grave a été signalé en France – après la prise d’un vaccin AstraZeneca, qui sont pour le moment rapportés. Mais les autorités concernées le reconnaissent : il n’y a aucun lien avéré entre ces problèmes de santé et ce vaccin, à part l’enchaînement chronologique. Si celui-ci est suspendu, c’est simplement le temps de s’assurer qu’un tel rapport n’existe pas, ce qui nécessite une véritable enquête scientifique.

Un classique principe de précaution qui a l’aval de certains chercheurs quand d’autres professionnels estiment que ces problèmes de santé ne sont pas plus fréquents après le vaccin AstraZeneca qu’après les autres actuellement distribués en Europe, Pfizer/BioNTech et Moderna.

L’Agence européenne des médicaments affirmait dés hier que « les avantages du vaccin AstraZeneca l’emportent toujours sur les risques ».

L’OMS y est aussi allée de son communiqué rassurant ce soir. « Nous ne voulons pas que les gens paniquent et, pour le moment, nous recommandons que les pays continuent de vacciner avec AstraZeneca », a déclaré Soumya Swaminathan, la cheffe scientifique de l’Organisation mondiale de la santé, lors d’une conférence de presse à Genève.

Ce mardi, Olivier Véran s’est lui aussi voulu rassurant vis à vis des personnes déjà vaccinées avec l’AstraZeneca : « Les gens ne sont pas en danger parce qu’ils auraient été vaccinés par AstraZeneca ». Il n’y a « pas de démarche particulière à effectuer », a précisé le ministre, lui même vacciné avec la formule suédo-britannique.

Une première réponse immunitaire

Ensuite, si d’aventure, cette suspension devait être confirmée, qu’en serait-il des personnes qui ont déjà reçu une première injection de ce vaccin ? Difficile à dire pour le moment. Nous avons interrogé la direction générale de la Santé à ce sujet et sommes en attente de leur réponse.

Ce que l’on peut déjà dire, c’est que même en une seule dose, un vaccin, quel qu’il soit, déclenche une première réponse immunitaire de l’organisme. Sans rappel vaccinal, la protection sera amoindrie, mais un premier bouclier pourra être opposé en cas d’exposition au virus ; de quoi limiter le risque de forme grave du Covid.

Enfin, est-il possible, efficace, voire pertinent de combiner deux doses de différents vaccins anti-Covid chez un même patient pour le protéger contre le virus ? Difficile à dire pour le moment. L’université anglaise d’Oxford a lancé début février une étude pour répondre à cette interrogation qui pourrait, au-delà du cas AstraZeneca, être cruciale au vu des difficultés d’approvisionnement actuelles. Mais les résultats de l’étude n’ont pas encore été communiqués.